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Tout ce qui est vivant doit mourir. Telle est l’implacable loi de la biologie. Telle est la seule certitude.

Alors pourquoi ce chagrin ?

Pourquoi cette tristesse devant ce qui est avant tout l’ultime évènement naturel d’une vie ?

Parce que, comme le dit Hemingway :

« toute mort d’homme me touche, car je suis partie de l’humanité.

Par suite, ne demande jamais pour qui sonne le glas : c’est pour toi ».

Parce que ceux qui restent ressentent durement le vide laissé par celle qui part.

Parce que le décès, même s’il est une sorte de soulagement après une terrible souffrance, est aussi un arrachement.

Parce que la mort d’un être cher nous laisse désemparé, impuissant, rempli de questions sans réponses.

Parce que, s’agissant d’un être si jeune, un terrible sentiment d’injustice ajoute à la peine.

Il peut être vain, devant l’inéluctable, de tenter de réconforter ceux qui pleurent l’irréparable.

Pourtant c’est le but que tous ici, nous nous assignons. Il reste bien des raisons de vivre, d’espérer. Il reste un fils, une fille qui a besoin de son père et un père qui a tout autant besoin de son fils, sa fille.

 

Il reste une oeuvre inachevée qu’il convient de compléter.

Il reste une famille, des amis qui aiment et qui attendent d’être aimés.

Il reste ces choses si futiles et donc si précieuses : le prochain lever du soleil, la prochaine floraison du rosier, les feuilles mortes qu’il faudra ratisser, la corniche à repeindre, les voisins à saluer.

Personne, jamais ne remplacera celle qui est partie.

La vie continue pourtant, avec son lot de souffrances mais aussi de petites et de grandes joies.

C’est l’honneur de l’être humain d’assumer les unes et les autres.

C’est peut-être aussi, en tous cas nous l’espérons, l’honneur et la joie des amis d’être à vos côtés dans le malheur comme dans le bonheur.