Les religions ont tendance à exercer un monopole sur la spiritualité:
L'histoire garde les traces sanglantes de cette intolérance! Dans le meilleur des cas, les religions n'accordent qu'une valeur spirituelle négligeable aux célébrations laïques ou civiles, comme les baptêmes républicains, les anniversaires familiaux, les funérailles civiles, etc.
Notre service laïc est fondé sur une conception inverse, étayée par l'ethnologie.
C'est en commençant à ensevelir leurs morts que nos lointains ancêtres ont émergé de l'animalité: ils exprimaient, pour la première fois, en acte, leur refus de la mort par amour! L'humain est né dans et par ce rituel des funérailles forcément civiles puisque antérieur à toute religion, et même fondateur de toute religion: dans ce rite, il s'ouvrait à l'amour et donc à la spiritualité.
Qu’est-ce qu’une cérémonie de funérailles, si ce n’est un hommage, un témoignage, un ultime bout de chemin parcouru ensemble, un lieu et un moment où l’un n’est plus et d’autres sont encore? C’est une double chaîne qui se crée alors: celle qui lie chaque personne avec celui qu’il faut avoir la force de quitter, et celle qui lie dans l’émotion l’ensemble des personnes réunies.
Le besoin d’exprimer, à ce moment, le sentiment intime et souvent secret qui nous unit à nos proches appartient bien à notre humanité.
Chaque culture, chaque personne l’exprimera à sa manière, dans l’expansion émotionnelle ou le recueillement, la révolte ou la sérénité.
Manifester ouvertement ou silencieusement, par un geste ou quelques mots, pour la dernière ou la première fois son attachement et son deuil est une étape qui marque intimement et socialement la réalité de la séparation.